Au commencement

cmr44 Par Le 15/01/2021 à 21:10 0

Dans Articles, prises de paroles

Nuage de mots turquoise rogne

Au commencement d’une nouvelle année, nous pouvons ressentir une nostalgie de pureté et d’enfance avec le souhait de remettre les pendules à l’heure. Nous repensons aux joies de l’année écoulée, envers et contre tout. Nous n’oublions pas des épreuves qui nous ont blessés. « Je pardonne, mais je n’oublie pas ». Est-ce tenable quand ce premier jour de l’an, nombreux sont celles et ceux qui à travers le monde se souhaitent mutuellement un peu de lumière au bout du tunnel, de goûter un peu de paix, quand la violence semble éclater indéfiniment.

« Aujourd’hui sur nous, la lumière va resplendir car le Seigneur nous est né. On l’appelle : Dieu admirable, Père du monde nouveau, Prince de la paix ! » Celle qui a mis au monde cette lumière et cette paix, c’est Marie, Mère de Dieu, mère de tous. Commencer l’année en célébrant Marie, en Eglise, c’est nous mettre en chemin, à la suite du Christ et de sa Parole.

Notre histoire de croyants commence petitement.  En arrivant à Bethléem, écrit l’Evangile, « les bergers découvrirent Marie et Joseph avec le nouveau-né ». Il est beau de penser à Jésus, non plus déposé dans la mangeoire, mais entre les bras de Marie : elle le montre à ces humbles bergers, et ne cesse de le montrer aux humbles disciples de tous les temps.

« Les bergers s’en retournèrent en louant et en glorifiant Dieu », nous aussi, membres d’équipe en CMR, avec une semblable énergie, à la sortie d’une année, entrons dans la nouvelle en portant la clameur du monde rural dans l’Espérance.

Ce serait vraiment une clameur d’Espérance si nous pouvions encore entendre de nos jours « et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers ». Chaque croyant est un « berger » de ses frères et sœurs, sachant communiquer aux autres, la joie de partager ensemble une vie d’équipe et de Mouvements reconnus d’Eglise, qui prend sa source, dans cette rencontre première avec l’Enfant de la crèche.

On pourrait se demander qui est ce « tout le monde » qui s’étonnait de la clameur des bergers. Nous « bergers en quelque sorte », nous ne cessons de dire ce qui nous fait vivre, prendre du temps, pour trouver un sens à ce qui nous arrive, sans toujours parer au plus pressé. La foi s’enracine dans le travail du semeur qui prend patience pour la récolte à venir. Peut-être ne sommes-nous pas assez démonstratifs pour provoquer un étonnement de nos propositions d’action chez nos contemporains ? Etonnement, émerveillement à susciter chez celle ou celui qui n’a pas eu la chance de connaître, en profondeur, un cheminement en Mouvement comme le nôtre ! De l’indifférence apparente peut surgir un intérêt qui dépasse notre imagination. Sans vouloir posséder les autres, notre démarche se veut de confiance et de fraternité, pour une « approche pastorale » où l’Esprit du Christ est à l’œuvre. Dieu a de la suite dans les idées. Le premier Noël de l’histoire, concentre en lui toutes ces naissances qui sont autant de délivrances, pour apporter cette chaleur humaine dont le monde a tant besoin. Dieu continue d’appeler des prophètes et des disciples pour étendre son règne de justice et de paix. Il en a souvent choisi dans la Bible, des bergers qu’il a contraint de quitter leurs troupeaux, pour aider son peuple à se libérer de toutes servitudes. Jésus s’est dit le « Bon Berger », et nous en sommes à son école. A nous de prendre soin du monde qui nous entoure, dans la santé que nous nous souhaitons en cette période de vœux. Jésus a attaché une grande importance à la santé des gens. Et nous en connaissons tout le prix en ce temps de la pandémie actuelle. A nous de prendre notre place dans toutes les actions de solidarités entreprises du moment.

Au cœur de notre lutte avec ceux qui peinent et ceux qui souffrent, favorisons cette naissance de la dignité humaine, révélée en chacun de nous. N’est-ce pas un peu comme ça la grâce d’une nouvelle année ? Cette faculté étrange qui sommeille au fond du cœur, elle nous appelle à renaître encore et toujours. Chaque année, un enfant nous réapprend que Dieu s’éveille en tout être humain, et que même sur la paille, on peut être riche de l’espérance jaillie de nos actes.    

   Hubert LEBRETON, prêtre accompagnateur du CMR44

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