Chrétiens dans le Monde Rural en Loire Atlantique

Confinement Semaine 1 : Une équipe questionne le plan retraite.

Retraite

En équipe, nous avons échangé par mail et téléphone au sujet d'une proposition au cas où il y aurait une diminution des retraites suite à la terrible crise que nous vivons.

Les retraités ne sont sans doute pas les plus touchés par la crise.  Il ne faudrait pas être surpris que l’on voit nos retraites diminuées. Les Pays Bas l’envisagent.

Et si on proposait des modalités ?!

  • Aucune diminution pour les moins de 1200 € ou 2000 € pour un couple (On voit sur le graphique qu’il y en a beaucoup)

  • 5% de diminution de 1200 à 2000 € par personne ou de 2000 € à 3500 € pour un couple

  • 10% au-dessus de 2000 € par personne ou 3500 € pour un couple

  • Surtout que ce soit en % et non un montant fixe

  • Bien voir ça au niveau du couple ou foyer fiscal, même s’il y a des moyens de contourner.

Pendant combien de temps ? 1 an ? 

Il faut sans doute faire attention à des situations particulières :

  • Personnes seules avec un loyer important.

  • Situations de handicaps, problèmes de santé ou autres entraînant des frais particuliers, (1 ou du couple en maison de retraite par exemple) ….

Il y a sans doute bien d’autres aspects à voir, de situations à prendre en considération, des avis à avoir, notamment de spécialistes habitués à ce genre de question….

Comme on ne peut pas se réunir, on peut peut-être se concerter par tél, y réfléchir, voir ce que chacun en pense….Relayer s’il le veut….

Par ces temps de crises, tout ce qui peut être fait pour  rester en lien, en équipe,  inter équipe et autres, se concerter, partager peut être bon à prendre.

Le 24 mars, une équipe CMR44 de Vair sur Loire et La Roche Blanche  

Réponses et compléments

1 - Notre système de retraites par répartition fonctionne ainsi : ce que nous versons aujourd'hui paie les retraites aujourd'hui. En compensation des paiements actuels nous recevons des "droits" à percevoir une retraite qui sera versée par ceux qui travailleront plus tard. Les retraites par capitalisation ne fonctionnent pas différemment, la seule différence étant que les versements futurs seront pris non pas sur les salaires futurs mais sur les revenus futur du capital (principalement les loyers des maisons et autres biens immobiliers). Personne ni aucun gouvernement ne peut garantir le paiement des retraites dans quarante ans, le système sera géré par d'autres que ceux qui le gèrent aujourd'hui.


2 - Notre système de solidarité entre riches et pauvres, malades et bien-portants, jeunes et vieux, etc. est un système dont les règles et le fonctionnement sont essentiellement publics. Là où l'idéologie libérale lui préfère un fonctionnement par des assurances privées cela marche beaucoup moins bien (Etats-Unis d'Amérique par exemple), parce que les exclus du système y sont beaucoup plus nombreux, les coûts de fonctionnement quatre fois plus élevés.


3 - Quand une épidémie sérieuse surgit, comme c'est le cas aujourd'hui, la seule réponse qui soit efficace est qu'absolument tout le monde soit soigné. Si une partie de la population passe à côté du problème (par exemple une communauté protestante évangélique), et quelque soit la raison, c'est la catastrophe. Or les politiciens d'extrême droite refusent aux migrants et autres sans papiers toute possibilité d'accès à notre système de soins, et cela ne peut que se terminer en catastrophe quand un coronavirus ou un bacille de la tuberculose ressurgit.


4 - La solidarité passe par la sécurité sociale d'abord (environ 600 milliards par an sur les 2000 milliards de biens matériels ou immatériels produits chaque année en France), mais aussi par le reste du budget de l'Etat (400 milliards de plus en solidarités diverses) : dépenses pour l'enseignement, la recherche, la justice, la défense, dont chaque citoyen bénéficie. Pour le comprendre il suffit de regarder ce qui se passe dans les pays pauvres qui n'ont pas ce filet de sécurité à leur disposition. Par exemple comment confiner toute la population sans forces de l'ordre pour faire respecter les consignes ? Or notre système de solidarité est gangrené par un déficit important, de 60 milliards d'euros par an quand tout va bien (contrairement à l'Allemagne qui a su rééquilibrer son budget). En cas de coup dur comme maintenant il est tout à fait raisonnable que ce déficit explose, mais il faudra bien le rééquilibrer ensuite.


5 - Il y a une divergence de fond entre la CFDT qui défend cette solidarité, maintenant et sur le long terme, et la CGT qui la combat sans merci, profitant de tous les égoïsmes corporatistes. Ceux qui, aujourd'hui, profitent de l'occasion pour arrêter toute activité à la Poste, sur les chantiers, dans toutes les entreprises qui ne sont pas directement nécessaires à fournir de la nourriture ou des médicaments, vont rendre très difficile la gestion de la solidarité après l'épidémie.

 

Claude Daviau, membre CMR44

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