09 avril : Formation "Goûter la Parole de Dieu, parole vivante"

cmr44 Par Le 09/05/2022 à 16:20 0

Dans L' Accompagnement des Equipes - Action Catholique

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« Goûter La Parole de Dieu » de Joseph Lucas, membre CMR44

Pour nourrir la spiritualité le CMR s’est donné un outil de relecture : La DRC (Démarche de Réflexion Chrétienne). Elle repose sur la présentation d’un fait de vie suivie d’un temps d’analyse où l’on essaie de discerner ce qui va dans le sens de plus de vie : plus d’amour, de paix, justice, d’harmonie, de bienveillance, de fraternité, solidarité, espérance, Foi etc…. Ce temps est suivi d’un partage autour d’un texte de la Bible de l’ancien ou du nouveau testament. Celui-ci nous conforte, nous questionne, nous interpelle, nous fait entrer en communion avec un peuple à la recherche de son Dieu. Il nous éclaire sur des engagements et actions possibles à venir et peut déboucher sur un temps de prière, d’eucharistie. C’est le fameux Voir Juger Agir de l’action catholique mais il va au-delà. Elle nous fait entrer (la DRC) en dialogue avec nous-mêmes, les autres et le Dieu de Jésus-Christ. Elle nous incite à « un parti pris d’espérance » et à l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ

      C’est ce que j’ai vécu lors de cette rencontre de formation organisée par les mouvements Chrétiens en Monde Rural (CMR), Action Catholique Ouvrière (ACO), Action Catholique des milieux Indépendant (ACI), Partage et Rencontre, Vivre l’Evangile Aujourd’hui (VEA).

Une belle rencontre autour de la parole de Dieu nourrit de plusieurs textes d’évangile. D’emblée nous a été proposé le texte où les grands prêtres et les pharisiens débattent et prennent la décision de mettre à mort Jésus. Un commentaire de ce texte nous signifie l’importance de se retrouver en équipe de Mouvement pour en toute confiance relire notre vie à la lumière d’une parole de l’évangile qui donne sens à nos actions et à faire partager la richesse d’une vie en équipe.

Nous avons apprécié l’intervention d’Albine Scheffels sur le thème « Goûter la Parole - Parole de Dieu - Parole vivante ».

Il y a eu aussi bien sûr tous ces partages lors des ateliers qui nous étaient proposés pour appréhender la Parole de Dieu de façon différente : lecture participativelecture en conduite accompagnée - lecture à partir d’une œuvre d’art. Des exercices qui aident à comprendre, à vivre de la Parole et libère notre parole.

          De l’intervention d’Albine je retiens la clarté avec laquelle elle nous a éclairés sur la naissance de la Parole de Dieu et son importance pour la vie d’équipe. De l’origine, de la naissance et des caractéristiques de la parole de Dieu elle a insisté sur les points suivants :

  • La révélation : nous croyons que Dieu intervient dans l’Histoire des hommes et qu’il se donne à voir ; il se révèle. C’est par sa parole que Dieu agit. Il fait alliance avec le peuple d’Israël à travers Abraham, Moïse, les prophètes. Par Jésus il se communique lui-même. Il rejoint notre humanité en s’incarnant. Jésus par sa vie toute entière, par ses mots, ses paraboles, ses gestes, ses actes ; par son offrande consentie sur la croix nous rejoins et nous dit Dieu. 

  • La Parole précède l’écriture : l’Ancien testament est né d’une relecture croyante  de leur histoire ou Dieu est intervenu. En faisant mémoire de leur passé, ils ont discerné l’action de Dieu, sa présence à leur côté. Ils ont mis par écrit ce que Dieu par sa Parole avait fait pour eux. Il en est de même pour les évangiles. Les évangélistes et les apôtres Paul, Pierre et Jean interprètent et écrivent ce qu’ils ont vécu avec Jésus. Ils racontent, après coup, dans le nouveau testament l’intervention de Dieu en son Fils qui est la Parole

  • L’Ecriture contient la Parole : le livre des écritures relate la manière dont Dieu est intervenu dans l’histoire humaine jusqu’à la mort et la résurrection de Jésus. S’il décrit l’action de Dieu, il contient la Parole par qui Dieu agit.

  • La parole dépasse les écritures : en son fils Dieu est vivant. Il demeure auprès de nous et continue de parler. Tout acte, mû par la charité active de Jésus est « Parole de Dieu » Dieu parle aujourd’hui encore, à travers les témoignages de vie, les prises de parole, les évènements inscrits dans le quotidien. La vie des saints contribue à nous faire comprendre l’Ecriture

  • La transmission passe par la Tradition Vivante de L’Eglise : quand nous proclamons les textes bibliques nous annonçons l’Amour de Dieu pour tous les Hommes et Femmes de ce temps et le rassemblement de ceux-ci en Jésus Christ. La Parole de Dieu demande à être transmise Elles passent de génération en génération grâce aux témoins qui nous ont précédé.

  • La bible parole de Dieu pour aujourd’hui ; la Bible raconte l’histoire d’un peuple avec Dieu. Pour un chrétien c’est prendre conscience d’une histoire qui le précède et dans lequel il s’inscrit. Pour cela il lui faut croire que Dieu lui parle, qu’il parle de lui, de l’humanité, de la création. Qu’il me parle à moi comme être en relation avec d’autres et avec lui. Si Dieu me parle, sa parole me touche, me concerne. Nos vies vont alors devenir une réponse vivante à ce Dieu qui parle, appelle, promet, interroge. Nous sommes alors en dialogue et conversation avec Dieu et ce depuis le commencement du monde.

  • La rencontre avec Dieu : Le Dieu invisible, dans l’immensité de sa Charité, s’adresse aux Hommes et aux Femmes de ce monde comme à des amis. Il converse avec eux pour les inviter à entrer en communion avec lui.

Dans nos équipes vivre la Parole de Dieu

Goûter les saveurs de la Parole

        Albine nous invite à goûter les saveurs de la Parole en se laissant habiter par le texte biblique, à s’imprégner et s’approprier ce texte. Quand nous lisons un texte à plusieurs nous entrons en communication et communion les uns avec les autres. Nous élargissons notre regard, nous entendons un point de vue différent et pouvons éviter plus facilement les contre-sens, les contre-vérités.

Lire les écrits bibliques c’est goûter leur saveur, les saveurs de la Parole de Dieu qui, pour se révéler à l’humanité prend les saveurs même de cette humanité.

  • Saveur délicieuse de la confiance donnée, de la compassion, du pardon offert. 
  • Saveur poivrée et pimentée d’histoires peu morales. Thamar qui se fait passer pour une prostituée pour assurer une descendance à Juda. David qui fait tuer son général pour disposer de la femme de ce dernier. 
  • Saveur acre de la révolte et de la colère de Dieu : déluge, menaces diverses…
  • Saveurs amères du découragement, de la déception, du désenchantement, du dépit, de la douleur du croyant et de Dieu (Job, Jérémie,…)
  • Saveur douce du réconfort, de l’encouragement, de la consolation de Dieu.
  • Saveur aigre de la trahison, du reniement, de l’abandon par ses propres amis
  • Saveur du bonheur : intimité d’une rencontre, de se savoir aimé, de s’épanouir et grandir.

          La Bible nous révèle qui est Dieu, à travers ce qui depuis toujours, fait la vie de l’humanité : goût savoureux des jours heureux, goût amer des mauvais jours. La parole de Dieu prend les saveurs de notre propre vie pour que notre vie prenne les saveurs de la Parole de Dieu.

           Lire et partager un texte c’est le laisser résonner en soi, le faire vivre, permettre qu’il fasse son chemin en nous pour que nous prenions ses saveurs, pour qu’il nous transforme imperceptiblement comme une parole entendue. Que cette dernière nous entraîne sur un chemin de conversion et de miséricorde.

S’approprier le texte

  • Bien observer le texte pour en comprendre les divers sens que l’auteur et les premiers destinataires pouvaient lui donner en leur temps et dans leur contexte ; Entendre comment aujourd’hui, il nous parle, nous interroge, nous interpelle, nous conforte ou remet en question certaines de nos convictions et certitudes ainsi que certains aspects de notre Foi.
  • Rechercher la pluralité des sens d’où l’importance de la vie d’équipe en Eglise
  • Intégrer un texte biblique dans notre DRC (Démarche de Réflexion Chrétienne) c’est accepter de faire un aller-retour entre le monde du texte biblique et notre monde. Cet aller-retour implique des lectures plurielles et diversifiées. Exemple : lecture participative – lecture en conduite accompagnée - lecture à partir d’une œuvre d’art - lectio divina - mise en scène du texte ….
  • Se former à la lecture de la Parole car nous aurons à la transmettre aux générations futures qui n’en sont pas ou peu imprégnés et qui risque de l’être de moins en moins. Pour nous-mêmes aussi car contrairement à nos frères juives et protestants nous en sommes peu imprégnés et nous peinons souvent dans nos équipes dans cette troisième étape.

Quelques pièges à éviter

Ne pas se contenter de cette phrase du Christ « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom je suis au milieu d’eux » (St Matthieu 18,15-20). C’est vrai et il nous faut y croire mais en même temps continuer à se nourrir, encore plus, de la Parole Biblique pour qu’en équipe dans le partage de nos vies nous acceptions ce que le Christ veut nous communiquer. Cette communion avec lui auquel il nous convoque.

Intégrer que c’est en Eglise que nous accueillions cette Parole de Dieu présente au cœur de ceux qui veulent suivre le Christ. Il est donc important de créer des liens étroits avec les autres équipes de notre mouvement, les autres mouvements et communautés, des liens œcuméniques avec les autres églises, avec notre église paroissiale, avec les responsables de nos communautés.

Confronter nos lectures avec d’autres pour éviter de tomber dans les pièges

  • de la lecture miroir ou le texte devient un prétexte pour se justifier. Pour cela il est conseillé de prendre une des lectures du jour ou des dimanches suivant et précédent. Se laisser surprendre plutôt que de vouloir à tout prix un texte qui colle à la situation vécue.
  • de la lecture fondamentaliste ou le texte est pris de façon littérale, à la lettre au lieu d’en rechercher l’esprit, le sens caché et symbolique.
  • de la lecture recette : des recettes qu’ils s’agiraient d’appliquer point par point.
  • De la lecture supposition : les textes ne disent pas tout et on cherche à remplir les blancs.

Ne pas se contenter de faire une lecture rapide du texte en fin de réunion. Il faut y consacrer du temps Bien qu’il fasse parti de la 3ème étape de la DRC pourquoi de temps à autre ne pas  le mettre en début de réunion.

 N’ayez pas peur d’innover, de nous former, de nous imprégner du message biblique. La vie de notre mouvement CMR en dépend.

C’est alors qu’après avoir dit :

« En équipe quelle chance de pouvoir dire nous. Nous réagissons, débattons, confrontons et approfondissons nos convictions »,

nous pourrons dire :

« En équipe quelle chance de pouvoir dire en quoi et en qui nous croyons ».

Joseph LUCAS, accompagnateur et membre CMR44

PROCHAINE JOURNEE DE FORMATION SAMEDI 03 DECEMBRE 2022

sur le thème "Comment l'Eglise est-elle missionnaire ?

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